Maria Lugones

Pilgrimages/Peregrinajes

Theorizing Coalition Against Multiple Oppressions

Mar'a Lugones, one of the premiere figures in feminist philosophy, has at last collected some of her most famous essays, as well as some lesser-known gems, into her first book, Pilgrimages/Peregrinajes. A deeply original essayist, Lugones writes from her own perspective as an inhabitant of a number of different 'worlds.' Born in Argentina but living for a number of years in the United States, she sees herself as neither quite a U.S. citizen, nor quite an Argentine. An activist against the oppression of Latino/a people by the dominant U.S. culture, she is also an academic participating in the privileges of that culture.

A lesbian, she experiences homophobia in both Anglo and Latino world. A woman, she moves uneasily in the world of patriarchy. Lugones writes out of multiple and conflicting subjectivities that shape her sense of who she is, resisting the demand for a unified self in light of her necessary ambiguities. Pilgrimages/Peregrinajes explores the possibility of deep coalition with other women of color, based on 'multiple understandings of oppressions and resistances'—understandings whose logic she subjects to philosophical investigation.

Sueli Carneiro, Lélia Gonzalez, Maria Lugones…

Pensée féministe décoloniale

En couverture, un clin d’œil au wiphala, ces carrés de sept couleurs assemblés en drapeau, symbole politique et culturel pour de nombreux peuples autochtones d’Amérique

Quinze autrices originaires d’Amérique du Sud, centrale et caribéenne questionnent les concepts du genre, du patriarcat, du développement. Elles défendent un féminisme communautaire et autochtone, un féminisme noir, un écoféminisme, une améfricanité. Elles prônent le bien vivre, une autre conception des droits humains ou un nouveau véganisme.

De cet ouvrage émerge une pensée contestatrice, multiple et rénovatrice, qui questionne, enrichit et mobilise de nouvelles réflexions et actions pour le(s) féminisme(s) contemporain(s). Un livre pour lutter contre toutes les formes d’oppression et rêver à de nouvelles solidarités…

Audre Lorde

Sister Outsider

Un souvenir revient dans les écrits d'Audre Lorde. C'est l'hiver à New York. Audre est dans le métro avec sa mère. Emmitouflée, elle est assise à côté d'une dame en manteau de fourrure. Elle regarde la dame, blanche, qui d'une main rageuse retire le pan de manteau qui effleure l'enfant. Une enfant Noire qui ne comprend pas et cherche désespérément un cafard, une poussière, bref une saleté justifiant ce geste.

Quelque chose pour ne pas réaliser que la saleté... c'est elle. Ensuite, le regard rageur de la dame blanche qui tue l'enfant Noire de cinq ans parce qu'elle ne peut pas le nommer : le regard du racisme. Un souvenir vrillé en elle, plus qu'une douleur, une souffrance indélébile qui permet à la poète adulte d'affirmer qu'au fond, en Amérique, on ne veut pas que les Noir-e-s vivent. Audre a vécu, survécu, pour nous dire son "amérique", ses passions, ses colères, dans une série d'écrits lumineux.

Gloria Anzaldúa, Paula Gunn Allen et Audre Lorde

Femmes, race et décolonisation

Cet ouvrage met en relation les géo-bio-mytho-graphies de trois figures féminines dissidentes qui ont affecté le panorama des états-Unis pendant les années 1970 et 1990 : les écrivaines-professeures-féministes-militantes lesbiennes Audre Lorde, Gloria Evangelina Anzaldùa et Paula Gunn Allen

Issues respectivement de la tradition afro-américaine, chicana et amérindienne, elles ont joué un rôle essentiel dans l’histoire et le développement des féminismes transnationaux et de la culture queer. La lecture et l’analyse des trois essais traduits dans ce volume permettent de dégager les caractéristiques de la communauté trans-ethnique des Third world women writers.

Terres Frontalières – La Frontera

Gloria Anzaldúa

La nouvelle mestiza

Voici enfin traduit en français Borderlands/La Frontera, le chef-d’œuvre de la féministe chicana Gloria Anzaldúa, le livre fondateur de la pensée queer décoloniale étatsunienne.
Ce livre hybride mêle les genres (essai et poésie) et les langues (anglais, différentes formes d’espagnol et quelques touches de langue indigène aztèque), pour mieux évoquer l’existence méconnue et précaire de celleux qui vivent entre deux mondes, à la frontière entre les cultures et les langues : les Chicanx dans la culture anglo-saxonne, les femmes dans la culture hispanique, les lesbiennes dans le monde hétéronormé, etc. Pour Anzaldúa, la frontière ne délimite pas des espaces, géographiques ou symboliques.

Au contraire, elle crée de nouveaux territoires, les Borderlands. Dans ces « Terres frontalières » se construit une identité autre, « la nouvelle mestiza », qui rend possibles des façons inédites d’être au monde.

Cherríe Moraga et Gloria Anzaldúa

This Bridge Called My Back, Fourth Edition

Originally released in 1981, This Bridge Called My Back is a testimony to women of color feminism as it emerged in the last quarter of the twentieth century. Through personal essays, criticism, interviews, testimonials, poetry, and visual art, the collection explores, as coeditor Cherríe Moraga writes, "the complex confluence of identities—race, class, gender, and sexuality—systemic to women of color oppression and liberation." Reissued here, nearly thirty-five years after its inception, the fourth edition contains an extensive new introduction by Moraga, along with a previously unpublished statement by Gloria Anzaldúa.

The new edition also includes visual artists whose work was produced during the same period as Bridge, including Betye Saar, Ana Mendieta, and Yolanda López, as well as current contributor biographies. Bridge continues to reflect an evolving definition of feminism, one that can effectively adapt to, and help inform an understanding of the changing economic and social conditions of women of color in the United States and throughout the world.

Gayatri Chakravorty Spivak

Les subalternes peuvent-elles parler ?

Parce qu’elles ont contribué à dénoncer la domination de la pensée occidentale, les subaltern studies demeurent depuis les années 1980 une source intarissable de controverses.

À cet égard, la réponse négative apportée au titre de cet ouvrage – Les Subalternes peuvent-elles parler ? – est riche d’enseignements . Prenant à contrepied l’eurocentrisme du récit occidental, Spivak nous montre qu’il est impossible d’analyser l’histoire de l’oppression des femmes sans prendre en compte les logiques impérialistes qui l’ont façonnée.

Ce classique de la philosophie contemporaine s’attache à mettre en lumière le récit des dominés. Spivak expose la difficulté que rencontrent les subalternes à être considérées comme sujets de leurs propres actes. Ce petit livre, jalon de la réappropriation du passé colonial par les intellectuels du Sud, constitue une contribution majeure au renouvellement des sciences humaines.


Chandra Talpade Mohanty

Feminism without Borders

Decolonizing Theory, Practicing Solidarity

Bringing together classic and new writings of the trailblazing feminist theorist Chandra Talpade Mohanty, Feminism without Borders addresses some of the most pressing and complex issues facing contemporary feminism. Forging vital links between daily life and collective action and between theory and pedagogy, Mohanty has been at the vanguard of Third World and international feminist thought and activism for nearly two decades. This collection highlights the concerns running throughout her pioneering work: the politics of difference and solidarity, decolonizing and democratizing feminist practice, the crossing of borders, and the relation of feminist knowledge and scholarship to organizing and social movements. Mohanty offers here a sustained critique of globalization and urges a reorientation of transnational feminist practice toward anticapitalist struggles.

Feminism without Borders opens with Mohanty's influential critique of western feminism ("Under Western Eyes") and closes with a reconsideration of that piece based on her latest thinking regarding the ways that gender matters in the racial, class, and national formations of globalization.

In between these essays, Mohanty meditates on the lives of women workers at different ends of the global assembly line (in India, the United Kingdom, and the United States); feminist writing on experience, identity, and community; dominant conceptions of multiculturalism and citizenship; and the corporatization of the North American academy. She considers the evolution of interdisciplinary programs like Women's Studies and Race and Ethnic Studies; pedagogies of accommodation and dissent; and transnational women's movements for grassroots ecological solutions and consumer, health, and reproductive rights. Mohanty's probing and provocative analyses of key concepts in feminist thought—"home," "sisterhood," "experience," "community"—lead the way toward a feminism without borders, a feminism fully engaged with the realities of a transnational world.

Myriam Paris

Nous qui versons la vie goutte à goutte

Féminismes, économie reproductive et pouvoir colonial à la réunion

« Nous qui versons la vie goutte à goutte », ce titre énigmatique annonce parfaitement les enjeux du livre de Myriam Paris, une des premières thèses de science politique sur la Réunion. Celles qui parlent ici, qui disent « nous », ce sont les membres de l’Union des femmes réunionnaises, à l’occasion d’un meeting pour la fête des mères de 1952 — une photo plus ancienne de 1948, reproduite dans le livre, permet de les imaginer : elles sont nombreuses, chapeautées pour la plupart, élégantes, habillées de toilettes claires, accompagnées de leurs enfants. C’est cette émanation locale de l’Union des femmes françaises, elle-même association satellite du PCF, née dans l’immédiat après seconde guerre mondiale,

puis devenue indépendante au tournant des années 1950, qui constitue le cœur de l’ouvrage de Myriam Paris. Ce que réclament ces femmes, alors que La Réunion a accédé au statut de département, ce sont les mêmes droits pour elles et pour leurs enfants que ceux que les mères ont obtenus en France, lorsque s’est mis en place en contrepartie de l’effort de guerre un État Providence. En cela, le livre contribue à l’histoire du féminisme dans une période classiquement désignée dans l’historiographie comme celle du « creux de la vague », jusqu’au renouveau des mobilisations dans les années 1960 et 1970 (la fameuse « deuxième vague »), mais il contribue aussi à le décentrer en portant l’attention vers les colonies françaises.


Elsa Dorlin

Black feminism

Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000

" Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques-unes à être courageuses ". Sous ce titre magnifique paraissait en 1982 aux Etats-Unis une anthologie de textes fondateurs des études féministes noires : un titre qui dénonçait la double exclusion des femmes noires d'un féminisme blanc et bourgeois et d'un nationalisme noir sexiste. Ces féministes noires ont créé un mouvement politique d'une importance unique en ce que, d'emblée, il s'est constitué sur la dénonciation d'une oppression simultanée de race, de classe, de sexe et du modèle de sexualité qui va avec.

Les textes présentés dans ce recueil du Black Feminism, premier en France, explorent sur une période de trente ans les thèmes de l'identité, de l'expérience singulière, de la sexualité comme la place dans les institutions, les coalitions nécessaires, les alliances possibles, les formes culturelles de rébellion et de lutte. Pourquoi en France, ex-puissance coloniale, l'équivalent d'un féminisme noir n'a-t-il pas existé ?

Jacqueline Couti

Sex, Sea, and Self

Nationalism and sexuality in French Caribbean discourse 1924-1948

Sex, Sea, and Self excavates forgotten voices and their layered discourses to underscore the complexity of identity politics in the French Caribbean between 1924 and 1948. This study looks at a time of chaotic transition and renewed conflict to transform our understanding of Francophone literary canons. An emphasis on women’s experiences and feminine authorship, for instance, insists on the significance of theoretical contributions by French Antillean women intellectuals to the domain of Caribbean critical theory. However, this study also offers original approaches to works by male authors of African descent. Putting in contrast Suzanne Lacascade’s, the Nardal sisters’, Mayotte Capécia’s, Jenny Alpha’s, Sully Lara’s, and Raphaël Tardon’s visions of Black humanism, history, knowledge construction, and selfhood reveals their conflicted rhetorics and performance, the ambivalent, slippery, and contradictory beliefs at the heart of their texts.

These writers at times both reject and reproduce the metropolitan or white Creole exotic colonial mythology of Creole women and sexual stereotypes for their own political, cultural, and personal ends. Teasing out the politics of eroticism and the rhetoric of victimization in the expression of nation-building exposes the epistemic complicity between Black and white, colonial, and postcolonial discourses. Indeed, the social fabric of the twentieth century owes much to that of the nineteenth century, into which white Creole ideology and colonial discourse were woven. Sex, Sea, and Self (re)calibrates the canon of French Caribbean literature underpinning Caribbean critical theory, colonial history, and literary aesthetics, which allows for the exploration of novel paradigms of selfhood.

Jacqueline Couti

Dangerous Creole Liaisons

Dangerous Creole Liaisons explores a French Caribbean context to broaden discussions of sexuality, nation building, and colonialism in the Americas. In so doing, this book offers a glimpse of the literary and political scene in Martinique and Guadeloupe in the nineteenth century. This study examines how white Creoles perceived their contributions to French nationalism in their writings as they portrayed sexualized female bodies and sexual and racial difference to advance their political ideologies. Questioning their exhilarating exoticism and titillating eroticism underscores the ambiguous celebration of the Creole woman as both seductress and an object of lust. She embodies the Caribbean as a space of desire and a political site of contest that reflects colonial, slave and post-slave societies.

The under-researched white Creole writers and non-Caribbean authors (such as Lafcadio Hearn and Jenny Manet) who traveled to and wrote about these islands offer an intriguing gendering and sexualization of colonial and nationalist discourses. Their use of the floating motif of the female body as the nation exposes a cultural cross-pollination, an intense dialogue of political identity between continental France and her Caribbean colonies. This book suggests that this cross-pollination still persists. Eventually, representations of Creole women’s bodies (white and black) bring two competing conceptions of nationalism into play: a local, bounded, French nationalism against a transatlantic and more fluid nationalism that included the Antilles in a “greater France.”

Le contrôle du corps des femmes dans les empires coloniaux

Collectif

Si les biopolitiques consistent à faire entrer la vie humaine en politique, en classant et en hiérarchisant les populations, en agissant sur les formes de reproduction, c’est bien sur les corps qu’elles s’exercent, et en particulier les corps des femmes. Selon les époques et les lieux, le biopouvoir s’est pratiqué sous les formes étatiques, religieuses ou privées. Dans le cadre des empires coloniaux en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique, la mondialisation des biopolitiques a donné à l’appropriation et au contrôle des femmes une autre dimension. Les études de cas qui composent cet ouvrage tentent de l’éclairer. Le contrôle du corps féminin s’est mondialisé avec l’accaparement des terres et des corps chez les peuples conquis des Amériques. L’accès immédiat au plaisir sexuel devint l’une des motivations premières de la prise de possession. Mais cette quasi-mise en esclavage avait pour objectif à plus long terme de capter la force de travail des vaincus et leurs capacités reproductives, afin d’assurer l’existence d’une main-d’oeuvre nécessaire et d’accroître les profits qu’il en était tiré, entraînant des conflits d’intérêts entre dominants et dominés.


Claudie Beauvue-Fougeyrollas

Les femmes antillaises

Une certaine image folklorique et touristique présente les Antillaises comme des femmes heureuses de vivre, aimablement insouciantes et douées d’inépuisable trésors de gentilles. Il est temps de dire que la réalité est différente. Les Antillaises font partie de populations qui continuent, de nos jours, à subir le joug colonial. À l’intérieur de ces populations, elles sont, de surcroit, en proie à des formes particulièrement pénibles de la servitude féminine. En tant que Guadeloupéenne, Claudie Beauvue-Fougeyrollas vit de l’intérieur cette situation.

Les Antillaises d’aujourd’hui sont soumises à différentes formes d’exploitation qui font partie de la condition générale des femmes. Paysannes ou ouvrières, elles accomplissent la double journée de travail : celle du travail aux champs ou à l’usine, et celle du travail domestique. Simples ménagères, elles accomplissent les tâches d’un petit élevage et d’une petite culture dans le cadre d’une production vivrière familiale; ce qui ne les dispense pas des activités proprement ménagères…

Ces pages incisives proposent un autre récit du féminisme et posent toutes les questions qui fâchent : quelles alliances avec les femmes blanches ? Quelle solidarité avec les hommes racisés ? Quelles sont les premières vies menacées par le capitalisme racial ? Pourquoi les néofascismes s’attaquent-ils aux femmes racisées ?

Ce livre est une invitation à renouer avec la puissance utopique du féminisme, c’est-à-dire avec un imaginaire à même de porter une transformation radicale de la société.

Mais en Guadeloupe et en Martinique, ces traits généraux de la condition féminine sont marqués par la situation particulière des Antilles.

En observant les Antillaises, Claudie Beauvue-Fougeyrollas montre que l’image qu’elles avaient d’elles-mêmes, comme travailleurs, comme colonisées et comme femmes, est en train de changer à partir de conditions d’existences nouvelles. Ce changement s’inscrit dans un triple mouvement de libération qui annonce l’avenir pour les Antillaises et pour les Antilles elles-mêmes.